Hello,
Je ne poste pas très souvent et je n'ai jamais trop pris le temps de vous montrer ce qu'on fabrique avec cette machine... c'est l'occasion de rattraper le tir!
Déjà, dans mon précédent message je parlais d'un problème avec l'Axe Y qui se mettait parfois en erreur. J'ai finalement re-démonté la règle de mesure, sorti la tête de lecture...
Un bon nettoyage de la tête (alcool à bruler, coton tige et chiffon à lunettes), de la règle elle même (alcool à bruler et chiffon à lunette que je glisse dedans en le tirant avec un fil à broder en coton)... remontage de la tête sur la règle, recollage des "bouchons" à chaque extrémité au silicone sanitaire après avoir bien gratté les restes de l'ancien et nettoyé à l'alcool à bruler.
Puis remontage de la règle en faisant bien attention à la remonter parallèle aux glissières (dans les 0,1mm sur la longueur).
Et ça remarche... j'imagine qu'un petit copeau s'était glissé dedans, ou peut-être juste des vapeurs d'huile de coupe... je n'ai rien vu d'évident en démontant, mais il devait bien y avoir un petit quelque-chose.
Parlons d'usinage maintenant. Un des premiers projets qu'on a réalisé avec cette machine est une série de pièces pour l'association Les Ailes Anciennes à Toulouse, qui restaure des avions pour les exposer (pas pour les faire voler). Pour leur gros Breguet Deux Ponts, ils avaient besoin de chapes et de bielles pour remonter les capots moteur, qui sont montés avec tout un système d'articulations et de silent blocs pour amortir les vibrations.
Rien de bien compliqué : perçage puis détourage du premier côté avec une fraise deux tailles de 26mm, deux pièces à la fois.
Ensuite on retourne et détalonnage avec un tourteau de 50. Les pièces sont serrées avec un fil de cuivre entre le mors mobile et les pièces, pour pas que la deuxième s'envole quand elle se libère du talon.
Un petit échantillon de la production...
Un autre projet complètement différent, cette fois c'est la modification d'une bonbonne de Butane pour en faire un gros Patator... la bonbonne a préalablement été vidée, puis remplie d'eau à trois reprises pour bien s'assurer qu'il ne reste pas de gaz dedans.
C'est le premier projet qu'on a fait avec la broche horizontale; bien pratique pour ce genre de trucs à la con. Bonbonne est posée sur deux blocs d'aluminium serrés dans un étau, puis bridée par deux grosses sangles de camion vissées dans les rainures de la table. Ce n'est pas super rigide, mais c'est juste pour couper de la tôle de 2mm avec une petite fraise ravageuse.
Le gros inconvénient de la broche horizontale, c'est qu'on voit vraiment pas ce qui passe...
L'usinage du deuxième côté, vu de l'intérieur.
Pour le même projet, usinage d'un couvercle dans de la tôle d'acier de 10mm (c'est bien trop costaud... mais c'est ce qu'on a trouvé chez le ferrailleur!). La plaque est bridée directement sur la table et les perçages sont orientés de sorte à s'aligner avec les rainures. Les cales sous la pièce sont alignées savamment pour ne pas croiser les usinages... une fois les perçage et le surfaçage terminés, on met des vis dans les trous et on enlève les brides pour détourer la pièce avec une petite fraise ravageuse.
Le couvercle terminé; le bouchon en laiton se visse dans un filetage usiné avec une fraise à fileter une dent fait maison (une sorte de grain d'alésage sur lequel est monté une petite fraise à graver carbure à 60°). Avec une seule dent et des avances conservatives, c'est terriblement lent...
On essaye au maximum de fabriquer l'outillage pour la machine. On a fait l'acquisition d'une paire de beaux étaux Gerardini, mais avant de les mettre en service il faut un jeu de cales étau à utiliser avec (et même deux jeux appairés, histoire de pouvoir brider de longues pièces...). Les cales sont surfacées des deux côtés, puis empilées par 4 sur un "outillage" (un carré d'acier surfacé, percé et taraudé) et enfin détourées d'abord avec une ravageuse, puis une finition avec une fraise carbure monobloc.
Et voilà une partie des cales réalisées. On est à peu près au 1/100ème sur l'épaisseur.
Autre projet d'outillage, j'ai fait l'acquisition sur le forum d'une porte fraise D22 long sur lequel je voudrais monter des fraises scie. En trois coups de CAO j'ai dessiné deux pièces (qui auraient gagné à être réalisées au tour... mais on a pas de tour sérieux...) d'adaptation.
Avec cette combinaison de pièces, je peux monter des fraises scie de 1 à 4mm d'épaisseur en alésage de 27mm. En refaisant la pièce violette, je pourrais aussi adapter des fraises en alésage de 22mm. Le tout se serre avec une vis à tête fraisée en M10.
En partant d'un bloc de 32 NiCrMo 16, usinage de la première face (surfaçage au tourteau, pointage et perçage des trous D2.5, perçage D10 au milieu pour rentrer une ravageuse, ébauche de l'extérieur avec une fraise hérisson, ébauche de l'intérieur avec une petite ravageuse, finition avec une fraise carbure monobloc, chanfreinage à la fraise, finition des diamètres intérieur en interpolation circulaire en décalant de 1/100mm à chaque passe jusqu'à ce que l'ajustement soit satisfaisant).
Même chose pour la deuxième. Les pièces sont serrées sur 2mm de haut, il reste un peu moins de 3mm de talon.
Taraudage en M3 à la main... j'ai été un peu optimiste, j'ai tenté d'utiliser un taraud chinois mais dans ce genre d'acier et pour ce diamètre, c'était pas une une très bonne idée. Ici je finit les trous avec un bon taraud et en prenant tout mon temps...
Pour sortir le taraud cassé, la pièce retourne sur la fraiseuse et perçage aussi profond que le permet la fraise avec une fraise carbure (chinoise... la boucle est bouclée!) de 2mm pour remettre le haut du taraud "à plat". Avec une petite pointe en acier, j'ai dégagé les dents du taraud. Il en restait encore un bout dans la pièce (bien 8mm de taraud à sortir...) qu'une petit foret de 2,5 en carbure a fini de dégager.
On attaque la seconde face; pour ce côté la j'ai usiné un petit "outil" dans une chute de plaque d'alu pour reprendre la pièce (centrage court au diamètre intérieur, surfaçage de la face d'appui et trous de passage pour les vis M3). Les quatre taraudages M3 servent uniquement à brider les pièces pendant cette opération.
Un bon coup de tourteau D125... en y allant doucement quand même!
Quelques coups de fraise à chanfreiner, et voilà!
Je n'ai pas de photos de l'ensemble monté, mais ça s'assemble très bien. La suite quand j'aurais testé la fraise scie!
Ne jugez pas trop la rouille sur la table
On a un petit soucis d'huile de coupe, il est grand temps d'y remettre de l'huile! elle a été passée au scotch bride et huilée depuis.
Pour ceux qui auraient raté l'info, cette fraiseuse est au Fablab Artilect à Toulouse, en centre ville. Si vous êtes dans le coin et que vous avez des projets d'usinage, n'hésitez pas à prendre contact avec moi en MP ou à passer au Fablab, j'y suis principalement le Lundi soir à partir de 19h!